Comment identifier qu’un enfant est victime de violences sexuelles ?

1 enfant sur 10 est victime d’inceste. Car cela ne concerne par les autres, voici des indices présentés lors de ma formation au CRIAVS.

⚠️ La plupart des indices ne sont ni très sensibles ni très spécifiques. Ce qui va être important à avoir en tête c’est leurs cumuls. Certains ne seront pas perceptibles et si on ne veut pas voir, on ne les voit pas. ⚠️

📌 Les signes d’alerte (non spécifiquement sexuelle)

• Un changement récent du comportement de l’enfant
• Apparition subite de peurs incontrôlables, de pleurs, d’une tristesse, d’une énurésie (incontinence urinaire), d’une encoprésie (incontinence fécale propre à l’enfant), de troubles de l’appétit (anorexie, boulimie), de troubles du sommeil (terreurs nocturnes, insomnies, cauchemars, difficultés d’endormissement, refus d’aller se coucher)
• Le désinvestissement d’activités significatives (conduites ludiques, scolarité)


👉 Chez l’enfant en bas âge (avant 3 ans) :

• Augmentation des cris ou des pleurs,
• Troubles de l’alimentation,
• Troubles du sommeil, hyperactivité ou apathie,
• Ralentissement de l’évolution du développement psychomoteur

👉 Chez l’enfant d’âge scolaire :

• Retard de développement, voire régresser à un stade antérieur, énurésie, encoprésie et perturbations scolaires (refus de fréquenter l’école, ralentissement du fonctionnement intellectuel, diminution des performances, etc.)
• Problèmes de comportement : cachotteries, fugues, agressivité, hyperactivité, repli sur soi, conduites d’évitement (évitement des situations rappelant le traumatisme initial).

👉 Chez les adolescents :

Indices les plus évocateurs d’une souffrance sont :
• Les comportements asociaux et délinquants,
• Les
actes d’autodestruction (scarifications, automutilations, idées ou conduites suicidaires),
• Les addictions (alcoolisme, toxicomanie),
• Les fugues répétées,
• Les troubles de I’humeur (dépression) et les conduites d’évitement.

Pour en savoir plus : https://violences-sexuelles.info/mineur-en-danger-2-4-le-signalement-au-119/
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👋 Moi, c’est Margaux, je suis se×ologue, et je vous reçois à Boulogne-Billancourt ou en visioActivez pour voir l’image en plus grand.

Violences sexuelles et TCA

4,3% des victimes de violences sexuelles développent des TCA (troubles du comportement alimentaire).

📌 Contexte 

Une étude * publiée en janvier 2022 dans la revue internationale Eating and Weight Disorders, 4 scientifiques ont étudié les données du Collectif Féministe Contre le Viol portant sur 4 ans et demi, soit un panel de 12.638 appels de victimes de violences sexuelles. 

Ce qu’on y apprend : Sur les 12 638 personnes, 538 femmes et 8 hommes ont des troubles du comportement alimentaire. 

→ Pour rappel, les TCA incluent :  l’anorexie mentale, la boulimie ou encore l’hyperphagie boulimique.

→ En France, 900 000 personnes présentent des TCA, selon la Fédération française anorexie boulimie (FFAB). 

📌Quel est le profil des victimes ?

→ Ce sont des personnes qui ont subi des violences sexuelles très jeunes (13 ans en moyenne).

→ L’agresseur est une personne du cercle familial (inceste).

→ Les TCA viennent parfois s’ajouter à d’autres troubles comme : anxiété, TOC, dépressions, tentatives de suicide, mutilations, automédications, chocs post-traumatiques, alcoolisme…

📌Quel est le lien entre troubles alimentaires et violences sexuelles ? 

N’étant ni médecin, ni chercheuse, je vous mets la liste des schémas psycho-émotionnels mis en avant par l’étude : 

→ ​​Bien-être instantané par se sentir « plein  » (cf boulimie).

→ La désexualisation du corps : Tentative de ne plus attirer le regard de l’agresseur, pour se protéger

→ « Boucher l’accès symbolique » : pour éviter à l’agresseur de rentrer. 

→ La sensation de pouvoir contrôle induite par le contrôle alimentaire : “Je contrôle ce qui rentre en moi.” 

 
👉 Il existe aujourd’hui de nombreux liens évidents entre TCA et violences sexuelles, en avoir en tant que sexologue mais aussi en tant qu’être à part entière permet de mieux comprendre et donc de mieux accompagner les personnes victimes.

 👉 Pour rappel : Le Collectif Féministe Contre le Viol, propose une ligne d’écoute gratuite, anonyme et confidentielle au 0 800 05 95 95

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Source : “Disordered eating as a repercussion of sexual assault: a consequence to consider” – Étude menée sur 12 600 personnes par Aurore Malet-Karas, Delphine Bernard, Emmanuelle Piet & Eric Bertin 

#TCA #TroublesAlimentaires