Comment concrètement parler de sexualité avec son/sa partenaire ?


« Il faut parler de sexualité avec votre partenaire » disent les sexologues (dont je fais partie)

Oui mais comment ?

Hier, après avoir publié mon post sur le contrat érotique, une personne m’a justement fait ce commentaire.

📌 Quelques prérequis à avoir en tête :

– Ne faites pas cela juste à la sortie d’un moment intime, cela évitera de donner l’impression à votre partenaire que quelque-chose s’est mal passé. Si vous devez choisir un moment pour parler de sexualité, faites le, si possible, loin d’un moment sexuel.
– Prévoyez un moment au calme, pas dans un lieu public.
– Ce n’est pas le moment de faire des reproches, l’idée ici est de créer un espace de discussion ouvert et libre.
– Ne faites pas ça en pleine crise/ tempête : les mots risquent de dépasser votre pensée.
– Ne coupez jamais la parole.
– Posez des questions ouvertes.

📌 Comment aborder la question :

1. « Dis moi, je me dis que ça fait longtemps que l’on n’a pas parlé de notre intimité / de nous / de notre sexualité – que dirais-tu qu’on en discute maintenant / ce soir ?. Je te rassure, rien de grave au contraire, mais je me dis que ce sujet mérite qu’on en parle en dehors des moments intimes « 

2. « Cela fait longtemps que nous n’avons pas parlé de nous, ça te dirait qu’on fasse un point sur notre sexualité, nos envies ? »

3. « J’aimerai beaucoup qu’on se prévoit un moment de partage sur notre couple, où on parlerait de sexualité, entre autre. Quand serais tu disponible pour qu’on prenne ce temps ? »

Bonus :
« Je lis les publications d’une (super 😎) sexologue sur les réseaux, et elle conseille d’aborder au moins une fois par trimestre la question de la sexualité dans son couple, et si on se prévoyait ça? ».

📌 Quoi aborder ?

1. Que penses-tu de notre intimité ?
2. Comment te sens-tu dans ton corps et dans ta tête en ce moment ?
3. Quelles sont les pratiques qui te procurent le plus de plaisir ?
4. Et au contraire, celles qui ne te procurent pas de plaisir
5. Si tu pouvais changer quelque chose, qu’est ce que ce serait ?
6. Si je pouvais changer quelque chose, qu’est-ce que je pourrai faire de différent ?
7. As-tu des choses que tu souhaiterais me dire et que tu n’oses pas ?
8. Quelles sont tes envies ?
9. Qu’est ce qui pourrait te donner envie en sexualité (pratique / univers / jouet / support )
10. Jusqu’à notre prochain point, qu’est ce qu’on peut se souhaiter ?

(Liste non exhaustive)

📌 Et après ?
– Pour la team organisée : Mettre en place un date trimestriel, « un sexo date », où vous reprendrez mes 10 questions et vous debriferiez des mois écoulés.
L’astuce : choisir votre date de rencontre comme repère.
– Pour la team spontanéité : Ayez en tête de de faire ces points au moins 2 fois par an

“Les hommes ont plus de besoins que les femmes “ : FAUX

Selon Enquête sur la Sexualité en France*, 73% des femmes et 59% des hommes français adhèrent à la croyance selon laquelle « par nature, les hommes ont plus de besoins sexuels que les femmes ».

Le problème de ces stéréotypes est qu’ils ne sont pas sans conséquences, puisque beaucoup de Françaises et de Français vont se repérer, et parfois même se construire en fonction d’eux.

Selon le dernier rapport du Haut Conseil à L’Égalité (HCE) entre les Femmes et les Hommes, les Français·e·s ont du mal à se détacher des stéréotypes associés à leur genre.

En effet, on observe chez les hommes une adhésion toujours plus forte aux stéréotypes masculinistes et chez les femmes une injonction importante à la féminité :

Par exemple, 70 % des hommes pensent encore qu’un homme doit prendre soin financièrement de sa famille pour être respecté dans la société ou 13 % qu’il faut avoir beaucoup de partenaires sexuels.

Cette croyance a des incidences sur les pratiques sexuelles des femmes qui reconnaissent accepter davantage d’avoir des rapports sexuels sans en avoir envie.

Je le constate jour après jour dans ma pratique.

Dramatique.

J’aime à dire que les femmes ont autant de besoins que les hommes, la différence réside en l’accueil qui leur est fait par la Société.

👉 Et vous, qu’en pensez-vous ?

____________

Sources :

Bajos, N., Ferrand, M., Andro, A., avec la collaboration d’ Prudhomme, A. (2008) . La sexualité à l’épreuve de l’égalité. Dans Bajos, N. et Bozon, M. (dir.), Enquête sur la sexualité en France Pratiques, genre et santé. ( p. 545 -576 ). La Découverte.

BAROMÈTRE SEXISME – VAGUE 3 – JANVIER 2024
Étude réalisée par Viavoice pour le Haut Conseil à l’Egalité entre les Femmes et les Hommes

👋 Moi, c’est Margaux, je suis se×ologue, et je vous reçois à Boulogne-Billancourt ou en visio

Les Bienfaits du Contact Peau-à-Peau

La peau nous relie à notre cerveau plus qu’on ne le croit.

 📌 Petite explication 

Au cours de l’embryogenèse, c’est de la peau d’où se forme le cerveau. En effet, trois semaines après la fécondation et la rencontre des deux gamètes, il va y avoir ce que l’on appelle la gastrulation va être à l’origine de trois couches cellulaires, elles-mêmes à l’origine de trois structures importantes : 

  • L’endoderme (intestins, poumons, foie), 
  • Le mésoderme (reins, os, muscles, systèmes vasculaires, organes reproducteurs) et
  • L’’ectoderme, qui est la couche extérieure, à l’origine à la fois de l’épiderme et de tout le système nerveux central et périphérique.

Nous y sommes : la peau, et le cerveau font partie du même ensemble.  

Preuve en est, à la naissance d’un enfant, le peau-à-peau est la première chose que font faire au nourrisson les professionnels de santé. 

(Je me souviens quand mon fils était en réanimation, les pédiatres nous encourageaient énormément à le prendre dans nos bras malgré ses cable). 

 📌 Plus qu’être lié…

la peau est le seul organe qui relie tous nos cinq sens. 

Elle marque la frontière entre nous, et le reste du monde. 

Notre vocabulaire est imprégné de sa globalité avec les expressions comme  » être mal dans sa peau », « être à fleur de peau », « être dans la peau de quelqu’un ».

👉Raison de plus pour prendre le temps (et le soin) de se faire de vrais câlins, de se serrer dans les bras une minute, que ce soit avec des amis, des amours. 

____________

👋 Moi, c’est Margaux, je suis se×ologue, et je vous reçois à Boulogne-Billancourt ou en visio

Connaissez-vous la différence entre l’estime de soi et la confiance en soi ?

Il n’est pas rare d’entendre cette phrase prononcée anodinement, “elle n’a pas confiance en elle”.

Cette phrase est prononcée comme une sentence irrévocable, enfermant avec elle, toute possibilité de sortie, engluant en son sein un stéréotype vieux depuis des millénaires et ne laissant à sa proie, pas d’autres choix que d’accepter le coup du sort. 

Il existe pourtant une incompréhension sur ce qu’est la confiance en soi, souvent confondue avec l’estime de soi.  

 📌Rappel des termes

L’estime de soi : Ce que l’on perçoit de notre valeur.

La confiance en soi : Ce que l’on perçoit de nos capacités. 

Le premier est un ressenti, le second est du registre de l’action. 

On peut se sentir capable de grimper une montagne, mais avoir une faible image de soi.

On peut avoir une belle estime de soi et ne pas se sentir capable de grimper cette même montagne.

 📌Ce qu’il faut retenir 

Employer les bons mots, c’est éviter à de nombreuses personnes de s’enferme dans un cliché.

On peut avoir confiance en soi, en ses capacités d’action et, à cause de son passé, avoir une faible estime de soi. 

👉Cessons cette catégorisation permanente des individus, cette analyse faite au couteau,  qui retire cette belle nuance de l’âme humaine. 

👉Et vous ? Vous a-t-on déjà asséné d’un trait de personnalité qui n’était pas le votre ? 

Les préliminaires n’existent pas

Voilà, c’est dit.

Je vous laisse imaginer le blanc qui suit cette phrase en consultation…

Et histoire de rajouter un peu de piment, je peux m’empêcher de prononcer la phrase suivante :

« Préliminaires à quoi exactement ? » 

Ahhhh nous y voilà.

📌 Un peu de contexte 

Il s’agit d’un mot récent puisqu’il n’a que 120 ans et nous vient de..Freud. 

Freud est l’inventeur du concept des préliminaires et les mentionne pour la première fois dans son ouvrage « Trois essais sur la théorie sexuelle » (1905). 

Au-delà de nommer, il vient écrire et planter le script érotique que l’on connait actuellement (le fameux triptyque) : baiser langoureux / préliminaires / pénétrati0n.

Ce triptyque porte un nom « Script Freud Porn”, théorisé par Alexandre Lacroix dans son récent ouvrage*.

📌 Des conséquences désastreuses sur la santé sexuelle des femmes…

En effet, le terme préliminaire a des répercussions désastreuses sur les femmes ayant des rapports sexuels avec les femmes, car, puisqu’on considère qu’elles ne font pas vraiment l’amour, elles sont bien moins suivies en santé sexuelle :

 » Les femmes lesbiennes, bisexuelles et autres FSF** sont « invisibilisées » au niveau épidémiologique, en ce qui concerne le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) et, par extension, les autres infections sexuellement transmissibles (IST) « .

📌 Comment s’en sortir ?

– Accepter l’idée que faire l’amour est pluriel.

– Déconstruire son script érotique en l’interrogeant.

– Identifier ce que l’on fait par automatisme vs par plaisir.

– Oser inverser l’ordre des pratiques

____________

* Source :

– « Apprendre à faire l’amour », Alexandre Lacroix.

–  » Santé sexuelle et reproductive des femmes ayant des rapports sexuels avec des femmes en Suisse » Sylvan Berrut, Anne Descuves, Stéphanie Romanens-Pythoud, Emilien Jeannot Dans Santé Publique 2022/HS2 (Vol. 34),

** FSF : Acronyme utilisé en santé sexuelle pour parler des femmes ayant des rapports sexuels avec les femmes.

👋 Moi c’est Margaux, je suis se×ologue et je vous reçois à Boulogne-Billancourt ou en visio.

#preliminaires